À l’approche de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, l’Association canadienne des employés professionnels (ACEP) met en garde contre les conséquences graves que pourraient avoir, pour les communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis partout au pays, les compressions du gouvernement dans les programmes et services destinés aux Autochtones.
Un exemple flagrant? Les réductions de financement et d’effectifs touchant Nòkwewashk, une initiative phare de Ressources naturelles Canada qui vise à trouver des moyens respectueux pour collaborer avec les Premières Nations, les Inuit·es et les Métis·ses dans les projets liés aux ressources naturelles. À l’heure où les grands projets constituent une priorité absolue pour le gouvernement Carney, couper dans les programmes qui visent à impliquer concrètement les communautés autochtones, c’est un pas de géant dans la mauvaise direction. Le premier ministre, semble-t-il, pense qu’il peut miner les relations avec les gouvernements autochtones dans le cadre de ses initiatives « d’intérêt national »… tout en vantant les mérites de la réconciliation.
Les compressions de Carney nuisent aussi à Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada dans ses efforts pour mettre en œuvre les traités modernes et les ententes d’autonomie gouvernementale qui existent déjà, et pour en négocier d’autres de bonne foi. Bref, le gouvernement va à l’encontre de sa propre stratégie pour assurer l’autodétermination des nations autochtones. En outre, lorsqu’une entente est remise en cause, les gouvernements autochtones risquent d’être confrontés à des difficultés sociofinancières accrues.
« Je suis certain que les Canadiennes et Canadiens ont entendu le gouvernement de Mark Carney vanter les remarquables efforts de son gouvernement pour nouer des liens de nation à nation avec les gouvernements autochtones », a déclaré Nathan Prier, président de l’ACEP. « Mais le gouvernement reste muet sur les compressions qu’il a imposées aux programmes essentiels de réconciliation et sur la détérioration des conditions de travail des travailleuses et travailleurs autochtones au sein de la fonction publique fédérale. Tous ces domaines mériteraient justement que le gouvernement y consacre davantage de ressources. Mais il nous fait plutôt comprendre très clairement que la réconciliation n’est pour lui qu’une simple case à cocher une fois par an. »
Le gouvernement Carney se réclame de la réconciliation tout en éliminant les ressources nécessaires pour en faire une réalité. Les Autochtones qui ont survécu aux pensionnats attendent encore des dizaines de millions de documents gouvernementaux. Or, les fonctionnaires du fédéral qui traitent les demandes fondées sur le principe de Jordan, négocient les droits issus des traités, soutiennent les services de santé dirigés par les Autochtones, enquêtent sur les sépultures non marquées, et apportent leur soutien aux survivantes et aux proches des femmes et des filles autochtones disparues ou assassinées voient leurs équipes rétrécir et leur efficacité diminuer.
Des options de télétravail sans obstacle éviteraient aux fonctionnaires autochtones qui vivent dans leur communauté de retourner dans des bureaux inutiles et coûteux, ou de choisir entre leur milieu de vie et leur avancement professionnel alors que leur travail consiste à recevoir des appels virtuels.
Il existe d’autres solutions plus efficaces pour économiser tout en protégeant nos collègues autochtones et leurs droits. D’après ses propres prévisions, au cours de la prochaine décennie, le gouvernement pourrait économiser jusqu’à 40 milliards de dollars s’il poursuivait son projet de réduction des locaux à bureaux et revenait à des modalités de travail plus souples. Les fonctionnaires autochtones n’auraient plus à choisir entre leur carrière, leur sécurité ou leur communauté, et on pourrait investir les sommes économisées dans les programmes et les services qui visent la réconciliation.
L’ACEP lance une pétition pour demander au public d’exhorter le gouvernement à reconnaître que la réconciliation passe par un engagement et des investissements, et non par des compressions arbitraires. En signant la pétition, les Canadiennes et Canadiens font savoir au gouvernement Carney que l’heure est venue de réaliser de vrais progrès.
Les communautés autochtones vont continuer d’être touchées par certaines des plus importantes compressions visant les dépenses publiques. Dans le cadre de ses campagnes, l’ACEP a lancé des pétitions « Non aux coupes! » pour les domaines des soins de santé et de l’environnement, touchés par les compressions de Carney qui ont, elles aussi, des répercussions importantes sur la population canadienne.
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À propos de l'Association canadienne des employés professionnels (ACEP) :
Avec plus de 27 000 membres, l'Association canadienne des employés professionnels est l'un des plus grands syndicats du secteur public fédéral du Canada. Il défend les intérêts des fonctionnaires membres des groupes Économique et services de sciences sociales (EC) et Traduction (TR), ainsi que des employés de la Bibliothèque du Parlement (BdP) et du Bureau du directeur parlementaire du budget (BDPB) et des membres civils de la GRC (groupes ESS et TRL). Pour plus d’information : www.acep-cape.ca
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