Le gouvernement fédéral a de grands projets pour déployer l’intelligence artificielle (IA) dans l’ensemble de la fonction publique. Cette technologie fait déjà partie de nombreuses opérations quotidiennes du gouvernement, allant des filtres antipourriels pour les courriels aux outils de recherche, en passant par la correction orthographique.
Le gouvernement prévoit utiliser l’IA pour accroître l’efficacité et accélérer les tâches, mais il n’a pas expliqué comment il protégera les emplois ni les renseignements personnels de la population canadienne. Avec une bonne mise en œuvre, les outils d’IA pourraient contribuer à améliorer davantage la productivité et la capacité dans le secteur public. En revanche, un déploiement précipité et mal encadré de l’IA pourrait détériorer la qualité des services, porter atteinte à la vie privée des Canadiennes et Canadiens, et saper la confiance du public envers le gouvernement.
L’Association canadienne des employés professionnels (ACEP) préconise une mise en œuvre réfléchie de l’IA au service de l’intérêt public. L’IA devrait améliorer le travail dans le secteur public – et non remplacer les travailleuses et travailleurs. Elle ne peut en aucun cas remplacer le jugement des spécialistes, et son utilisation doit être rigoureusement encadrée. Pour les membres de l’ACEP travaillant dans les secteurs de la recherche, des politiques et de la traduction, une modernisation responsable garantit que la technologie renforce leurs contributions au lieu de les compromettre. Plutôt que d’utiliser l’IA pour réduire les effectifs, l’accent doit être mis sur le recyclage professionnel pour que les personnes puissent s’adapter et réussir.
Tout plan lié à l’IA doit commencer par une consultation réelle des travailleuses et travailleurs. Une supervision appropriée, des mesures de sécurité concernant les renseignements personnels et des mécanismes de responsabilité rigoureux constitueront les piliers d’une stratégie efficace en matière d’IA.
Recherche
L’ACEP mène des recherches pour mieux comprendre les enjeux du moment, déterminer ce que d’autres agents négociateurs ont revendiqué et obtenu, et mieux cerner les opinions de ses membres.
En novembre 2025 et en janvier 2026, l’ACEP a organisé trois groupes de discussion avec ses membres afin de leur permettre d’exprimer leurs points de vue et d’approfondir la compréhension des répercussions de l’IA dans les milieux de travail fédéraux en vue d’orienter la défense des intérêts et la mobilisation ainsi que les prochaines rondes de négociation.
L’équipe de recherche de l’Association a produit plusieurs documents axés sur l’IA afin de mieux en comprendre les effets et la manière de défendre les intérêts des membres. Parmi ces documents figurent une analyse axée sur l’IA du budget fédéral de 2025, examinant les principaux investissements liés à l’IA et leurs implications pour les effectifs fédéraux, une note d’information au sujet du comité de réflexion sur l’IA du gouvernement fédéral pour guider sa position, et un rapport approfondi sur les dispositions liées à l’IA dans les conventions collectives à l’échelle internationale. Au-delà d’un simple inventaire, ce rapport fournit une analyse critique de la conception et de la formulation des clauses et présente des recommandations concrètes sur les principaux thèmes relatifs aux droits en matière d’emploi. Il formera la base des propositions de négociation collective et orientera les futures activités de revendication en matière d’IA.
L’intelligence artificielle demeure l’un des principaux enjeux qui guident le programme de recherche de l’ACEP. Le suivi de l’évolution rapide des développements à propos des relations du travail, des technologies et des politiques liées à l’IA constitue une priorité pour l’organisation, qui continue de consacrer d’importantes ressources à la surveillance, à l’analyse et à la mobilisation dans ce domaine.
Autres nouvelles
25 septembre 2025 – L’ACEP enjoint des députés du Bloc Québécois à faire avancer les priorités en interprétation et en traduction
29 janvier 2024 – Recommandations concernant la première loi canadienne sur l’intelligence artificielle. (mémoire présenté au Comité permanent de l’industrie et de la technologie)
Remarque : Un Conseil exécutif national antérieur a fait appel à son Sous-comité de perturbation et transformation numériques pour discuter de l’IA. (lien pour les membres adhérent·es seulement)
27 septembre 2023 – L’ACEP rencontre le PDG du Bureau de la traduction pour discuter de l’IA et de la santé et de la sécurité des interprètes
17 septembre 2019 – L’ACEP et le Bureau de la traduction discutent d’intelligence artificielle