Pour réellement investir au Canada, Carney doit annuler les compressions dans la fonction publique et cesser de gaspiller des milliards de dollars publics dans l’immobilier commercial

OTTAWA — Le gouvernement Carney vient de promettre des investissements majeurs dans son dernier budget, alors qu’en même temps il sabre dans la fonction publique dont il a besoin pour livrer la marchandise. L’Association canadienne des employés professionnels (ACEP) demande au gouvernement d’annuler les compressions dans la fonction publique et de réaffecter aux services et aux infrastructures dont les Canadiennes et les Canadiens ont besoin les 40 milliards de dollars d’économies potentielles, engloutis par une directive inutile de retour au bureau.

Le budget 2026 prévoit 142 milliards de dollars pour des programmes, des services et des projets visant à rendre la vie plus abordable pour les Canadiennes et Canadiens, à attirer les investissements et à renforcer notre souveraineté nationale. Cependant, le gouvernement poursuit également ses coupes dans la fonction publique tout en refusant de remplacer le personnel qui a quitté ses fonctions dans le cadre du programme d’incitation à la retraite anticipée, même lorsque ces départs dépassaient les réductions prévues. Ces coupes compromettent la capacité du gouvernement à tenir ses engagements ambitieux en matière d’investissement.

« Les annonces d’investissements n’ont pas beaucoup de sens si l’on réduit les effectifs des travailleuses et travailleurs fédéraux qui les rendent possibles. Les membres de l’ACEP évaluent les projets, élaborent les politiques publiques et fournissent des services dans les deux langues officielles. Ces personnes dévouées savent ce que ce travail exige. Couper dans les effectifs et les programmes, c’est perdre de l’expertise, retarder les travaux et demander à moins de personnes d’en faire plus. Si le gouvernement persiste dans ses coupes idéologiques prévues sur plusieurs années, les nouvelles annonces d’investissements ne changeront rien. Les travailleuses et travailleurs du secteur public fédéral sont indispensables à la réalisation de toutes ces promesses », a déclaré Nathan Prier, président de l’ACEP.

Le double langage de Carney n’a rien de nouveau. Il promet de renforcer les soins de santé tout en prévoyant des coupes de plus de trois milliards de dollars chez Santé Canada, ce qui compromet le financement des médicaments pour les maladies rares, la lutte contre la crise des opioïdes et la prévention des maladies. Il prétend défendre le français, mais le Bureau de la traduction prévoit de supprimer le quart de ses langagières et langagiers sur cinq ans. Il s’engage en faveur de la réconciliation tout en réduisant les ressources consacrées à la mise en œuvre des traités et aux équipes de consultation autochtones, et réduit les dépenses en matière de protection de l’environnement tout en finançant les pipelines, les projets pétroliers et gaziers, ainsi que l’exploitation minière. Pour justifier ces coupes, il invoque la rigueur budgétaire, mais il gaspille des milliards dans des politiques de retour au bureau qui profitent aux propriétaires d’immeubles commerciaux et aux banques.

Ces nouvelles promesses d’investissement ne répareront pas les dommages déjà causés par les coupes dans la fonction publique, à moins que le gouvernement n’engage suffisamment de personnel pour les mettre en œuvre.

À l’heure actuelle, on demande aux travailleuses et travailleurs du secteur public fédéral d’en faire plus, plus vite, avec moins de ressources. Les suppressions d’emplois et le déploiement chaotique de l’IA sapent la fonction publique, érodent le savoir institutionnel et alourdissent la charge de travail et le stress des personnes encore en poste. Les travaux essentiels progressent plus lentement, et les programmes qui soutiennent la protection de l’environnement, les soins de santé et la réconciliation avec les peuples autochtones voient leur capacité d’action diminuer.

« Nous savons exactement comment le gouvernement Carney peut réaliser des économies : il suffit de ne plus obliger les travailleuses et travailleurs de la fonction publique à se rendre dans des tours de bureaux coûteuses et d’investir les 40 milliards de dollars d’économies potentielles dans les services dont les Canadiennes et les Canadiens ont besoin. Les exigences généralisées de retour au bureau ne profitent qu’aux propriétaires d’immeubles et aux banques qui ont investi dans ces biens immobiliers », a déclaré M. Prier.

L’ACEP examinera minutieusement les plans des ministères pour vérifier si les fonds promis se traduisent par les effectifs et les programmes nécessaires à la réalisation des engagements annoncés, ou si les compressions se poursuivent à l’ombre des annonces d’investissements. Les travailleuses et travailleurs de la fonction publique et leurs alliés maintiendront la pression : arrêter les coupes, mettre fin à l’obligation irresponsable de retour au bureau et investir dans celles et ceux qui servent les Canadiennes et les Canadiens.