À l’approche de la Journée internationale de la traduction, M. Perron et l’ACEP dénoncent le discours hypocrite de M. Carney : il prétend défendre le français contre Trump, mais il le mine chez nous

L’Association canadienne des employés professionnels (ACEP) souligne la Journée internationale de la traduction, célébrée le 30 septembre, en rappelant l’importance du travail des traductrices et traducteurs, interprètes et terminologues du gouvernement fédéral et en exhortant le gouvernement Carney à réparer les dommages qu’il a causés au bilinguisme canadien.

Ce message a été repris vendredi par Yves Perron, whip du Bloc Québécois, qui a fait une déclaration à la Chambre des communes (vidéo, transcription) dans laquelle il rend hommage au travail des langagières et langagiers fédéraux et demande au premier ministre de cesser ses belles paroles sur la langue française alors qu’il démantèle les services dans l’ensemble du gouvernement.

« M. Carney ne peut pas utiliser le français pour distinguer le Canada de Donald Trump alors que son propre gouvernement continue d’affaiblir les institutions publiques et les spécialistes qui font vivre la langue française », a déclaré M. Perron. « Le maintien d’une solide capacité interne au sein de la fonction publique en matière de traduction, de terminologie et d’interprétation est essentiel pour protéger la place du français et de la culture francophone au sein de nos institutions parlementaires et services publics. Il est également essentiel pour garantir l’exactitude, la fiabilité, la confidentialité et l’égalité d’accès pour les francophones. »

Les langagières et langagiers fédéraux veillent à ce que toute la population canadienne ait accès à des informations et à des services fiables et exacts dans la langue de son choix. Le gouvernement Carney, cependant, a constamment adopté des mesures qui portent atteinte à la langue française.

Le projet du Bureau de la traduction visant à réduire ses effectifs de 25 % sur cinq ans, tout en surchargeant de travail le personnel restant et en s’appuyant exclusivement sur l’intelligence artificielle sans la supervision de spécialistes qualifié·es, menace les langues officielles du Canada, en particulier le français. Pourtant, le Bureau de la traduction continue d’obliger son personnel à bâcler son travail et à se contenter de traductions « good enough ».

« Le français n’est pas un bouclier que Carney peut brandir contre Trump, puis laisser tomber dès que plus personne ne regarde. La réalité, c’est que l’année dernière, le Bureau de la traduction a annoncé son intention de réduire ses effectifs de 25 % sur cinq ans. Ça veut dire moins de spécialistes de la langue, des charges de travail plus lourdes et davantage de pression pour se contenter du « good enough » », a déclaré Antoine Hersberger, vice-président de l’ACEP pour le groupe Traduction. « La fonction publique fédérale joue un rôle de premier plan dans la promotion, la protection et le rayonnement des langues officielles du Canada. Les traductrices et traducteurs, interprètes et terminologues parlementaires sont indispensables à notre démocratie et à la capacité des francophones d’y participer pleinement. Protéger le français, c’est investir dans les personnes qui font de ces droits linguistiques une réalité. »

Plus de 90 % des traductions au sein du gouvernement fédéral sont effectuées de l’anglais vers le français. Par conséquent, lorsque la qualité des traductions diminue, ce sont les francophones qui en font les frais, et nous nous retrouvons face à un système à deux vitesses qui dégrade les services linguistiques dont dépendent les francophones pour accéder aux services publics et aux institutions démocratiques du Canada en français.

L’ACEP demande ainsi au gouvernement Carney de revenir sur ses compressions et de choisir plutôt d’investir dans les professionnel·les de la langue qui protègent le français et la culture francophone au Canada, de préserver leurs emplois et de garantir des conditions de travail sûres ainsi que des charges de travail viables.

Le groupe Traduction, composé de 900 traductrices et traducteurs, interprètes et terminologues du gouvernement fédéral, représentés par l’ACEP, se rendra à la table de négociation en octobre prochain. Leur dernière convention collective a expiré en avril.