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(Traduction)
Le gouvernement fédéral, qui est le plus grand employeur au pays, a la responsabilité de mettre en place une fonction publique qui reflète la diversité du Canada. C’est la seule façon pour notre gouvernement de servir l’ensemble des Canadiennes et des Canadiens. C’est aussi l’un des moyens de garantir que nous recrutons et maintenons en emploi les meilleurs talents. L’existence d’un cadre rigoureux en matière d’équité nous assure qu’aucun talent n’est laissé de côté en raison de la discrimination systémique. Les contribuables méritent une telle assurance. Mais, comme l’a souligné l’ACEP en février, lors de sa comparution devant le Comité sénatorial permanent des droits de la personne, les progrès concrets réalisés dans le domaine de l’équité en matière d’emploi peuvent rapidement être réduits à néant lorsque le gouvernement prend des mesures d’austérité draconiennes qui ne tiennent pas compte des conséquences sur l’équité.
Nous savons l’effet que ces mesures peuvent avoir. Pourtant, alors que la fonction publique est aujourd’hui confrontée à une vague de mises à pied et que des dizaines de milliers de travailleuses et travailleurs sont sur le point de perdre leur emploi après une décennie marquée par de modestes améliorations en matière d’équité dans la fonction publique fédérale, notre plus grand employeur choisit d’ignorer des recommandations très claires concernant l’équité en matière d’emploi. Faute de mesures de protection solides et établies, et compte tenu du refus du gouvernement de communiquer les données dont il dispose sur les répercussions de ces licenciements massifs sur l’équité, les travailleuses et travailleurs méritant l’équité, leurs syndicats et le public canadien ignorent si ces vagues de licenciements, motivées par des raisons idéologiques, cachent une discrimination flagrante.
Nous savons que certains des ministères les plus touchés par les coupes d’emplois, notamment EDSC et Services aux Autochtones Canada, sont ceux qui ont toujours défendu la diversité. Cela devrait, en soi, montrer à quel point le gouvernement de Mark Carney attache de l’importance à la diversité de ses effectifs. Le fait qu’aucune mesure sérieuse et réfléchie n’ait été prise pour garantir que les groupes méritant l’équité ne soient pas touchés de manière disproportionnée par ces mesures d’austérité constitue un manquement flagrant aux obligations du gouvernement.
C’est pour cette raison que l’ACEP est ici aujourd’hui : pour exiger que les recommandations du Groupe de travail sur l’examen de la Loi sur l’équité en matière d’emploi soient remises sur la table et appliquées intégralement.
L’une de ces recommandations consistait à recueillir des données désagrégées et à adopter une perspective intersectionnelle dans la prise de décisions stratégiques. Les mesures d’austérité sans précédent qui ont été prises relèvent d’une décision stratégique lourde de conséquences. Nous, les travailleuses et travailleurs, ainsi que nos syndicats, avons besoin d’accéder à des données précises qui nous permettent de déterminer en temps réel si une discrimination systémique a lieu, et non après un an ou plus, une fois que des milliers de travailleuses et travailleurs fédéraux auront déjà été mis à pied. Il sera alors trop tard et le mal sera fait.
Le refus du gouvernement de mettre en œuvre ce que nous savons être nécessaire pour prévenir toute discrimination dans le cadre de ces suppressions massives d’emplois signifie qu’il ne voit aucun inconvénient à ce que ces mesures soient discriminatoires. Mais nous, nous ne l’acceptons pas.
Une feuille de route existe déjà : il s’agit des recommandations du Groupe de travail. Celle-ci prévoit un renforcement de la reddition de comptes, une amélioration de la qualité des données et l’intégration d’évaluations de l’impact sur l’équité obligatoires et plus rigoureuses pour toutes les décisions relatives au réaménagement des effectifs.
Merci.