Le Bureau de la traduction forcé de mieux protéger les interprètes après confirmation de conditions de travail dangereuses

Ottawa – Le 27 avril 2024 – L’Association canadienne des employés professionnels (ACEP) accueille favorablement l’ordonnance émise par le Programme du travail le 25 avril, qui enjoint au Bureau de la traduction d’interdire la prestation de services d’interprétation afin que des mesures satisfaisantes soient prises en tout temps pour protéger de façon significative les interprètes contre l’effet Larsen, des réactions acoustiques dangereuses. 

Les services d'interprétation garantissent que les échanges parlementaires se déroulent dans les deux langues officielles et soient conformes à la loi sur les langues officielles. Une interruption de service aurait des conséquences désastreuses sur les travaux parlementaires.

L’enquête à l’origine de l’ordonnance a été lancée à la mi-avril, après l’accident du travail grave subi par un interprète, qui l’empêche jusqu’ici de revenir au travail. Une plainte a été déposée auprès du Programme du travail, et l’enquêteur a conclu que le lieu de travail n’était pas sécuritaire et qu’il enfreignait le Code canadien du travail. Les conclusions de l’enquête sont claires : l’effet Larsen – qu’il résulte d’une exposition soudaine ou répétée – peut provoquer des dommages auditifs permanents et constitue une menace sérieuse. 

« Depuis presque quatre ans, le gouvernement expose les interprètes à des dangers chaque fois que ces personnes font leur travail » dénonce Nathan Prier, président de l’ACEP. « Malgré un nombre inacceptable d’accidents du travail, le Bureau de la traduction tarde à mettre en œuvre les mesures nécessaires pour protéger son personnel. Cette décision donne gain de cause à toutes les victimes et marque une étape importante vers la protection de la santé et de la sécurité des interprètes dans l’exercice de leurs fonctions ».

Depuis le passage à des plateformes de travail hybride en 2020, le taux d’accidents du travail impliquant des interprètes est plus élevé en raison de l’utilisation d’équipements inadéquats ou de mauvaise qualité, qui peuvent provoquer des réactions acoustiques. Les blessures produites sont souvent graves; elles causent des dommages auditifs permanents aux interprètes et les rendent incapables de continuer à exercer leur profession. 

« Chaque jour, les interprètes s’exposent à des risques de blessures qui peuvent avoir des conséquences durables et débilitantes. Les interprètes ont à cœur leur travail – mais les mesures prises jusqu’à présent par la direction et ses partenaires ont été insuffisantes pour protéger adéquatement leur santé » a déclaré une interprète représentée par l’ACEP.  « Face à cette situation, les interprètes se sont mobilisé·es autour de leur syndicat pour faire pression sur le gouvernement. Cette décision montre que le travail a porté ses fruits. Nous poursuivrons nos efforts jusqu’à ce que chaque interprète soit protégé·e en permanence de tout risque excessif. »

Le Bureau de la traduction a reçu l’ordre de retirer toutes les oreillettes et tous les casques munis de microphones et de les remplacer par des appareils de meilleure qualité qui réduisent les risques de réaction acoustique. Les député·es et les président·es de comités recevront également de nouvelles informations et instructions afin de garantir le respect des procédures.

À propos de l’ACEP

Avec plus de 25 000 membres, l’Association canadienne des employés professionnels est l’un des plus grands syndicats du secteur public fédéral au Canada. L’ACEP se consacre à la défense des intérêts des employé·es fédéraux des groupes Économique et services de sciences sociales (EC) et Traduction (TR), ainsi que des employé·es de la Bibliothèque du Parlement (BdP), du Bureau du directeur parlementaire du budget (BDPB) et des membres civil·es de la Gendarmerie royale du Canada (ESS et TRL). Pour en savoir plus : www.acep-cape.ca

 

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