Congés de maladie et leçon d'humilité pour le ministre Clement

Jamais les fausses déclarations d'un ministre du cabinet de Stephen Harper n'ont été mises à jour aussi rapidement et publiquement que celles faites durant l'été par le ministre Tony Clement au sujet des congés de maladie dans la fonction publique fédérale.

Les fonctionnaires fédéraux, disait-il, prennent trop de congés de maladie. En fait, a-t-il ajouté, ils en prennent trois fois plus que les travailleurs du secteur privé. Ces congés, ânonnait-il sur toutes les tribunes médiatiques, représentent un déficit de plus de 5 milliards de dollars dans les livres comptables du gouvernement.

Le ministre Clement essayait ainsi préparer le terrain pour les négociations à venir avec les principaux syndicats représentant les employés du gouvernement fédéral. Son intention : abolir le régime actuel des congés de maladie et le remplacer par un autre régime qui offrirait cinq jours de congé de maladie au lieu de 15 et qui imposerait une période de sept jours sans salaire si un fonctionnaire est malade pendant plus de cinq jours par année. 

Peu de temps après cette première salve médiatique du ministre Clement, un organisme du gouvernement fédéral corrigeait les propos du ministre. Statistique Canada publiait un rapport* indiquant que les employés du secteur public prennent sensiblement le nombre de congés de maladie que les travailleurs du secteur privé. En fait, la différence de congés de maladie entre les secteurs public et privé, écrivait-on dans le document, était de quelques heures par année.

Quelques jours plus tard, le bureau du Directeur parlementaire du budget* en remettait. Dans son rapport, le directeur du budget statuait clairement que les congés de maladie des fonctionnaires fédéraux ne coûtent finalement pas grand-chose au trésor public. Selon le rapport, les ministères n'ont généralement pas de politique de remplacement des travailleurs en congé de maladie de courte durée, ce qui fait que ces absences n'ajoutent en rien aux dépenses du gouvernement.

Le ministre Clement n'a pas reculé pour autant, et ce même si son ballon d'essai lui a explosé en pleine figure, et sur la place publique de surcroît. Dans sa liste de revendications en vue des présentes négociations, il a demandé l'abolition du régime actuel de congés de maladie et son remplacement par un régime qui, à toutes fins pratiques, forcerait les employés à aller travailler lorsqu'ils sont malades.

Il est évident qu'avec son régime de congés de maladie, le ministre Clement a trouvé une solution à un problème qui n'existe pas. Ses actions semblent guidées seulement par un désir de faire la vie dure aux fonctionnaires. Les principaux agents négociateurs, l'ACEP en tête,  n'entendent pas baisser les bras dans ce dossier. Ils sont bien déterminés à défaire cette proposition. De nombreux documents, articles et communiqués de presse, ont déjà été publiés afin de débusquer le ministre Clement et d'exposer la somme de faussetés répandues par son gouvernement en vue des présentes négociations.

 

 *Références :
- Comprendre l’écart des absences du travail entre les secteurs public et privé. Statistique Canada : http://www.statcan.gc.ca/pub/75-006-x/2013001/article/11862-fra.htm
- Analyse financière des congés de maladie de la fonction publique fédérale. Directeur parlementaire du budget (document PDF) : http://www.pbo-dpb.gc.ca/files/get/publications/279?path=%2Ffiles%2Ffiles%2FSick+Leave+FR.pdf