8 mars - Journée internationale de la femme

le 07 mars 2018

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Chaque année, la Journée internationale des femmes nous donne l’occasion de faire le point sur le chemin que nous avons parcouru vers l’instauration de milieux de travail équitables – où chaque personne, homme ou femme, peut s’épanouir. Mais cette journée importante nous pousse également à redoubler d’efforts, parce que la lutte pour l’égalité entre les sexes est loin d’être gagnée.

Comme vient de nous le rappeler le Budget 2018, les femmes sont aujourd’hui majoritaires au sein de la fonction publique, puisqu’elles représentent 55 % de ses employés. Plus de 60 % des membres de l’ACEP sont des femmes. Plus précisément, les femmes représentent 59,3 % des membres EC, 78,4 % des membres TR et 58,5 % des membres à la Bibliothèque du Parlement.

Ce sont en fait nos membres du groupe TR – aujourd’hui majoritairement composé de femmes – qui ont mené la lutte pour l’obtention du congé de maternité. En 1980, 85 % des traducteurs, terminologues et interprètes du gouvernement ont voté en faveur de la grève. Une de leurs revendications portait sur un congé de maternité avec plein salaire (Reade, Bob. « Strike vote passed », The Ottawa Journal, 24 juin 1980).

Cette grève a coïncidé avec la conférence des premiers ministres sur la Constitution, obligeant le gouvernement à trouver des pigistes pour traduire les documents destinés au premier ministre de l’époque, Pierre Elliott Trudeau (Presse canadienne. « Translators strike », The Nanaimo Daily News, 8 septembre 1980).

Les traducteurs se sont rassemblés devant le bâtiment où se déroulait la conférence, en scandant « Pas de traduction, pas de Canada ».

Malheureusement, la grève des TR n’a pas permis l’adoption du congé de maternité avec plein salaire. Mais, comme l’indique Ann Porter, professeure agrégée à l’Université York, dans son livre intitulé Gendered States: Women, Unemployment Insurance, and the Political Economy of the Welfare State in Canada, 1945-1997, la grève des traducteurs a ouvert la voie à d’autres mouvements :

[traduction] « Même si la grève [des traducteurs] ne leur a pas donné satisfaction, leurs efforts ont donné un élan au Syndicat des postiers du Canada, qui a déclenché une grève survenue un an plus tard. Une des principales revendications des grévistes du SPC était l’obtention du congé de maternité avec plein salaire. Au terme d’une grève de 42 jours, durant laquelle l’employeur a fait état de sa vive opposition, le SPC a réussi à obtenir un congé de maternité de 17 semaines avec plein salaire […], ainsi que l’inclusion de cette période de congé dans le calcul de prestations comme les indemnités de départ.

L’octroi de congés de maternité avec plein salaire a été rapidement étendu à l’ensemble des secteurs public et parapublic. »

Ce sont les syndicats qui ont lancé le mouvement pour l’obtention du congé de maternité payé, mais ils ont également été très actifs dans le dossier de l’équité salariale. En fait, on mentionne souvent le rôle qu’a joué le monde syndical dans l’avancement de ce dossier.

Comme l’ont écrit Elise Gould et Celine McNicholas dans un article pour l’Economic Policy Institute :

[traduction] « Il existe un lien logique entre les syndicats et la réduction des écarts de salaire entre hommes et femmes, étant donné que les conventions collectives définissent souvent bon nombre des politiques qui permettent de lutter contre cet écart de rémunération. Par exemple, il arrive que les conventions collectives normalisent les taux salariaux, favorisent la transparence en matière salariale et prévoient des procédures de grief pour les employés ayant fait l’objet de discrimination. Tous ces éléments permettent de lutter contre l’inégalité salariale entre hommes et femmes. »

Bien entendu, nous devons encore faire des progrès pour instaurer une plus grande équité salariale au sein de la fonction publique. Malheureusement, le travail des femmes est encore trop souvent sous-évalué. Chaque fois qu’un homme gagne un dollar, une femme gagne 0,91 $, et les femmes sont sous-représentées aux postes les mieux rémunérés : alors qu’elles représentent 55 % des fonctionnaires, elles ne représentent que 43 % des personnes ayant un salaire élevé – c’est-à-dire au moins 100 000 $ par an –, selon les chiffres du Conseil du Trésor.

Cet automne, le gouvernement va proposer un régime d’équité salariale. En tant que syndicat, nous espérons que ce régime aura un impact à la fois concret et significatif. Et comme ce fut le cas lors de notre lutte pour obtenir le congé de maternité payé, nous espérons que ces changements seront appliqués à tous les secteurs, car les femmes méritent la même rémunération lorsqu’elles font le même travail.

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Claude Poirier a partagé cette image avec nous : un macaron portant le slogan scandé par les membres du groupe TR lors de la grève des années 1980 (le macaron a été conçu quelques années plus tard). Merci, Claude!