Maintenant que les Conservateurs sont partis, on peut enfin relaxer?

Relax

Finalement, les Conservateurs et leur ordre du jour qui minait la fonction publique et antisyndical sont partis. On peut respirer d’aise, n’est-ce pas? 

Pas tout à fait!

Bien entendu, on peut présumer que les plus virulentes attaques entreprises par l’ancien gouvernement ont cessé. On peut se réjouir que les Libéraux aient pris l’engagement d’abroger les lois sur la « transparence » des syndicats (projet C-377), les portions du C-59 qui permettent au gouvernement de contourner la négociation collective en ce qui a trait aux congés de maladie et sur le processus d’accréditation dans le secteur public fédéral (C-525). 

Ce sont des signes positifs.

Mais les Conservateurs ont laissé derrière eux un héritage législatif qui ne sera pas largué du jour au lendemain. Ils ont modifié le régime de négociation et ont retiré l’arbitrage du panier d’outils pouvant être utilisés, forçant les groupes EC et TR à prendre la voie de la conciliation, assortie du droit de grève lors de la ronde actuelle. Les Libéraux ont promis de retirer certains aspects de la Loi C-4, mais rien ne garantit qu’ils ramènent l’arbitrage pour cette ronde ou dans l’avenir. 

Quant aux congés de maladie, les signaux sont plus flous. Ici encore, il semble que le nouveau gouvernement ne va pas imposer unilatéralement le régime concocté par les Conservateurs. Mais les premiers signaux laissent croire que le gouvernement actuel veut tout de même « moderniser » le régime actuel. Lorsque le mot « moderniser » est utilisé, c’est toujours inquiétant. Reste à voir quelle sera la place laissée à la négociation pour atteindre cette modernisation. 

Une fonction publique écrasée

Mais surtout, des années conservatrices il reste une lourde chape de plomb sur l’ensemble de la fonction publique, écrasée sous la peur et le mépris. Heureusement, les Libéraux ont  annoncé la fin de la « guerre contre la science » et déclaré qu’ils veulent que la fonction publique puisse, sans crainte, fournir des avis impartiaux basés sur des faits probants. Mais la peur de déplaire au maître, les années où les fonctionnaires étaient muselés ne vont pas faire place du jour au lendemain à une collaboration libre de contraintes.

Voilà pourquoi la présidente de l’ACEP entend rencontrer plusieurs ministres et députés libéraux, dont le président du Conseil du Trésor, afin de leur demander de multiplier les signaux envoyés à la fonction publique que les années noires sont révolues et qu’une ère de collaboration commence. Bien entendu, ces signaux devront également être suivis de mesures concrètes. Pour l’instant, le gouvernement s’est attelé à mettre en place son programme de baisses d’impôt. Nous verrons en ce début d’année ce qu’il entend faire concrètement pour la fonction publique. 

L’ACEP va donc maintenir la pression et continuer à travailler avec les autres syndicats de la fonction publique. Pour s’assurer que le nouveau gouvernement tienne ses promesses. Pour faire en sorte que la négociation en cours permette d’aboutir rapidement à une nouvelle convention qui maintiendra les conditions de travail, tout en permettant d’améliorer des enjeux comme le remplacement de revenu durant des congés de maladie et de protection du travail professionnel que vous faites à titre d’employés du secteur public. 

Tout au long de 2016, nous aurons besoin de votre appui. Afin de rappeler ses promesses au nouveau gouvernement. Afin de démontrer que vous souhaitez une résolution rapide de nos négociations. Et pour redonner à la fonction publique canadienne la place qu’elle doit occuper au sein d’une société moderne et progressive.