Travailleurs des postes accablés par un régime cauchemardesque

le 20 juillet 2015

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Alors que nous nous préparons à un rude combat pour les congés de maladie, les travailleurs des postes tracent un sombre tableau du marché de dupe que ce gouvernement colporte. Lors des dernières négociations, ils ont ultimement été forcés d’accepter un régime qui a pillé leurs congés de maladie. En lieu et place : un régime d'assurance-invalidité de courte durée et sept misérables jours de congé personnel. 

« Ce fut un désastre absolu pour nos membres. Il n’y a pas d’autre façon de le dire », déclare Mike Palecek, président du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes.

Ils furent parmi les premiers à se heurter à ce gouvernement conservateur. En réaction aux grèves tournantes organisées au début de juin 2011, Postes Canada annonçait un lock-out le 14 juin. Immédiatement après, le gouvernement déposait une loi spéciale pour imposer le retour au travail. Les néo-démocrates ont fait de l’obstruction parlementaire pendant 58 heures, la plus longue depuis 1999, mais le projet de loi a quand même été adopté et les employés de Postes Canada ont été obligés de revenir au travail le 27 juin. 

La loi imposait aussi au syndicat le choix d’une offre finale; l’arbitre devrait prendre, soit l’offre du gouvernement, soit l’offre du syndicat, dans sa totalité. Sans modifications. Sans négociations. Selon Palecek, Postes Canada a mis de l’avant sa pire offre. Inquiet d’être partie à un marché de dupe, le syndicat a  choisi de retourner à la table des négociations – dans les circonstances, ces négociations pourraient difficilement être qualifiées de libres et équitables. 

« Les dirigeants syndicaux ont négocié une convention collective avec un fusil sur la tempe – et ont fait de nombreuses concessions, notamment sur les congés de maladie », explique Palecek. 

Depuis, les membres doivent se débattre avec un régime de congés de maladie cauchemardesque. 

« Des employés se voient refuser des congés auxquels ils ont droit, dit Palecek. Nous entendons parler de gens qui perdent leurs maisons – toutes sortes d’histoires d’horreur. » 

C’est le résultat probable de traiter avec une compagnie d’assurance de responsabilité civile; la volonté de faire des profits est inextricablement contraire au devoir de la compagnie de verser aux employés les prestations qui leur reviennent. En fin de compte, les travailleurs sont perdants. Mais cela n’empêchera pas le gouvernement de vendre le régime comme étant à l’avantage de ses employés, avertit Palecek.

« C’est de la foutaise. Le gouvernement vous induit en erreur. » 

Le syndicat mise sur les élections de 2015; c’est sa meilleure chance d’inverser le cours des choses, tant sur le front des avantages qu’au sujet du plan du gouvernement de cesser la livraison du courrier à domicile. Palecek invite tous les membres des syndicats à s’engager : à voter, à faire campagne, à apposer une affiche électorale devant leur maison.

« Nous avons 124 jours pour faire tomber le gouvernement Harper. Nous espérons avoir un gouvernement avec lequel nous pouvons réellement négocier. »