Sondage auprès des membres de l'ACEP : "On ne pourra pas faire reculer le gouvernement"

Parmi ceux d’entre vous qui ont répondu au sondage concernant d’éventuelles mesures de grève, plusieurs ont indiqué ne pas vouloir entreprendre des mesures de grève, car ils croient que rien ne fera reculer le gouvernement.

Il est certain que nous faisons face à un employeur, le gouvernement du Canada, qui peut utiliser les lois pour empêcher ou rendre illégale une grève pourtant légale au départ. On l’a constaté récemment dans les conflits à Postes Canada, Air Canada et au Canadien National, alors qu’il s’est mêlé du processus de négociation collective en invoquant la situation de l’économie canadienne.

Fort heureusement, la Cour suprême a depuis statué, dans une cause concernant le gouvernement de la Saskatchewan, que « le droit de grève n’est pas seulement dérivé de la négociation collective, il en constitue une composante indispensable. » Plusieurs experts ont indiqué que cette décision aura des conséquences directes sur les négociations en cours avec le Conseil du Trésor et que le gouvernement du Canada ne pourra pas indûment vous priver de vos droits reconnus par la constitution. En fait, en modifiant la Loi sur les relations de travail dans la fonction publique et en imposant le processus de conciliation assorti du droit de grève comme méthode de règlement dans la ronde actuelle, le gouvernement pourra difficilement invoquer qu’il doit empêcher des mesures de grève, le seul moyen qui reste pour la très grande majorité des employés de la fonction publique fédérale. Le jugement dit en effet que compte tenu que le gouvernement de Saskatchewan avait retiré le droit à l’arbitrage – exactement comme l’a fait le gouvernement canadien – il ne peut pas en plus limiter le droit à la grève.

Rien ne peut prédire ce que ferait le gouvernement conservateur si les syndiqués de la fonction publique entreprennent des mesures de grève, mais on doit reconnaître que ses options sont désormais limitées par le jugement de la Cour suprême. Des mesures de grève bien ciblées et coordonnées avec les autres syndicats de la fonction publique seraient une manière efficace de faire comprendre au gouvernement que vous n’accepterez pas de laisser tomber des avantages que vous avez obtenus de haute lutte.