Nous vous entendons! Ce que vous pensez d’un éventuel vote de grève

En 2013, le gouvernement fédéral a légiféré (loi C-4) sur le droit pour un syndicat de choisir la méthode de résolution des conflits en cas d’impasse à la table de négociation. L’arbitrage obligatoire n’est plus une option pour l’ACEP et l’option par défaut, la conciliation/grève, peut forcer l’ACEP à procéder à un vote de grève. La Loi sur les relations de travail dans la fonction publique définit la grève comme suit : « Tout arrêt du travail ou refus de travailler, par des personnes employées dans la fonction publique agissant conjointement, de concert ou de connivence; y sont assimilés le ralentissement du travail ou toute autre activité concertée, de la part de telles personnes, ayant pour objet la diminution ou la limitation du rendement. »

Un vote en faveur de la grève constitue pour un syndicat un important levier afin de conclure une entente avant d’envisager toute forme de moyens de pression. Il s’agit davantage d’une mesure d’appui des membres à l’égard de leur équipe de négociation. Le vote de grève permet aussi l’escalade des moyens de pression, qui peuvent ou non entraîner un arrêt de travail et la perte de revenu qui en découle.

Envisageant la possibilité d’un vote de grève, l’ACEP a préparé en janvier une série de questions et a donné à ses 8 549 membres inscrits aux communications électroniques l’occasion d’exprimer leurs points de vue sur le sujet. Au total, 3 338 membres ont pris le temps de répondre aux questions en ligne, ce qui représente un taux de réponse de 39 %. À titre de comparaison, lors des élections nationales à l’ACEP, le taux de participation a été de 15 %, et lors du vote sur la dernière hausse des cotisations, de 37 %.

Comme l’illustre le tableau ci-dessous, si l’ACEP tenait un vote de grève aujourd’hui, 44 % des répondants voteraient oui ou pencheraient pour le oui; 41 % voteraient non ou pencheraient pour le non; 16 % ont indiqué ne pas savoir de quelle façon ils voteraient.

 Tableau Sondage

Les membres qui hésitent à voter pour la grève invoquent les trois principales raisons suivantes :

Les réponses montrent clairement que les membres de l’ACEP ont besoin de plus d’information sur le fonctionnement d’une grève (la gamme des activités qu’impliqueraient des moyens de pression, l’indemnité de grève, ce que les autres syndicats prévoient faire, etc.) et sur l’approche de l’ACEP quant à la proposition de l’employeur sur les congés de maladie (ce que les membres perdraient si le régime actuel était remplacé).

D’autres commentaires font écho à ces constatations, surtout le besoin de plus d’information. 

Il n’est pas surprenant que les commentaires proviennent surtout de gens qui s’opposent à la grève pour diverses raisons : financières, politiques ou la conviction que la grève ne donnerait rien ou qu’elle dresserait l’opinion publique contre nos membres. Nous travaillerons dans les prochaines semaines pour nous attaquer à ces préoccupations directement. En attendant, une proportion importante des membres est engagée et appuierait les moyens de pression, pas nécessairement une grève, mais une grève si nécessaire.