Avez-vous les moyens de perdre une semaine de paie par année?

Dans leurs réponses au sondage sur les moyens de pression envoyés aux membres en janvier, plusieurs ont indiqué qu’ils ne désirent pas ou n’ont pas les moyens de participer à d’éventuels moyens de pression si l’ACEP et le Conseil du Trésor ne parviennent pas à un accord et que les négociations sont rompues.

Il est vrai que les membres de l’ACEP ont toujours opté pour la voie de l’arbitrage dans leurs négociations. Le gouvernement, en modifiant la Loi sur les relations de travail dans la fonction publique, vous a privé de ce choix et vous a imposé la conciliation assortie du droit de grève comme seul moyen de régler une éventuelle impasse.

Dans ce contexte, et compte tenu des reculs que souhaite imposer le gouvernement, il se peut que vous soyez forcés de retirer vos services pour une heure ou une journée afin de faire bouger l’employeur. Certains moyens de pression n’entraîneront pas de pertes financières : grève de zèle, pauses prolongées, manifestations sur l’heure du dîner. D’autres pourraient toucher un groupe d’employés dans une région, un ministère ou agence et pour un moment précis. Dans ce cas, vous pourriez toucher une paie de grève ou être privé d’une heure ou d’une journée de salaire selon le cas. L’ACEP va tenter de trouver des moyens créatifs pour toucher les opérations de l’employeur, mais il se pourrait que certains aient une incidence sur votre paie.

Mais avez-vous fait le calcul ce que représentent comme perte financière récurrente les propositions de l’employeur concernant vos congés de maladie et le régime d’invalidité de courte durée? Prenons un exemple concret.

Une perte financière d’une semaine par année, pendant toute votre carrière

Un fonctionnaire prend en moyenne 11 journées de maladie par année (selon les données du Directeur parlementaire du budget). Selon le régime actuel, elles sont toutes rémunérées à 100 %.

Faisons un saut dans l’avenir. Nous sommes en 2017 et l’employeur a réussi à imposer son nouveau régime de congés de maladie et d’invalidité. Au lieu de 15, vous n’avez plus que 6 journées de maladie par année. Ces journées ne sont plus cumulables. Au début 2017, vous attrapez une grippe carabinée qui vous tient éloignée du bureau durant 6 jours ouvrables. Vous revenez au boulot et constatez que votre banque est désormais vide.

En mai, pas de chance, vous attrapez une infection et votre médecin vous met au repos pour 7 jours, dont 5 jours ouvrables. Vous désirez vous prévaloir du régime d’invalidité de courte durée : toutefois, il y a une période d’attente de 7 jours et, durant cette période, vous ne touchez aucune rémunération.

C’est un cas hypothétique, mais vraisemblable. Si, comme la moyenne des employés de la fonction publique fédérale, vous prenez 11 congés de maladie par année au cours des années subséquentes, vous perdrez ainsi une semaine de paie par année avec les propositions de l’employeur. C’est 2% de votre rémunération qui sera ainsi effacée chaque année.

Avez-vous vraiment les moyens financiers d’accepter les propositions de l’employeur?