Groupe EC: Augmentations économiques – précisions et mise en contexte

le 06 février 2017

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Vous avez été nombreux à poser la question : « Pourquoi deux augmentations de salaire en 2016. » La réponse est relativement simple. L’employeur avait fixé une limite aux augmentations économiques qu’il était prêt à consentir, soit 1,25% par année ou 5% pour la durée de la convention. Toute différence, souvent sous forme d’échelon additionnel, devait pouvoir se justifier par un problème de recrutement ou de rétention ou par un problème de relativité salariale, interne ou externe. Une nouveauté a donc été ajoutée cette année pour les groupes qui ne connaissaient pas ce genre de problème : un rajustement salarial sur un an ou deux ans a négocier entre les parties.

Pour d'autres détails, les faits saillants et le texte de l'entente, visitez la page négociations EC.

À la table EC, nous avons fait valoir qu’en l’absence d’un échelon supplémentaire, l’augmentation économique totale ne compensait pas suffisamment les augmentations du coût de la vie. Nous avons donc obtenu l’ajout de 1% le 22 juin 2016. C’est donc dire que votre augmentation totale en 2016 sera d’un peu plus de 2,25% en raison de l’effet composé puisque le rajustement salarial de 1% s’applique avant l’entrée en vigueur de l’augmentation économique annuelle de 1,25%. Pourquoi en 2016? Parce que l’employeur devra ajouter à votre paiement rétroactif ce 1%, un peu d’argent de plus pour vous.

Comment le groupe EC se compare-t-il avec les autres groupes de la fonction publique fédérale? Assez bien puisque seuls les groupes que nous avions dépassés lors de la dernière négociation en obtenant nous-même un échelon additionnel ont mieux fait que nous cette fois-ci (les MA). En ce qui concerne le reste des groupes de la fonction publique qui ont signé une entente de principe, certains ont obtenu 1% en 2016 (les FI et PG)mais la grande majorité d’entre eux (toutes les tables de l’Alliance, représentant près de 100 000 employés PM, AS, CR, etc.) ont pour leur part obtenu 0,5% en 2016, plus une prime à la signature de 650$ qui ne fait pas partie du salaire aux fins de la pension ou aux fins des augmentations futures.

L’équipe de négociations EC a insisté sur l’importance que tout ajustement salarial soit appliqué à l’ensemble des niveaux. À PIPSC par contraste, on a octroyé un demi-échelon de 2% aux CO-02 seulement (qui représente tout de même une majorité des membres de ce groupe). Nos TR se sont très bien tirés d’affaire en obtenant une augmentation de 0,75% en 2016 et 0,5% en 2017. Nous aurions aimé obtenir ce même genre de traitement pour nos membres EC mais n’avons pas réussi à convaincre l’employeur de nous octroyer les mêmes augmentations.

Nous aurions pu prendre le risque d’aller en conciliation exécutoire (arbitrage) mais rien ne nous garantissait que nous pourrions faire mieux, ni obtenir les modifications non salariales qui n’étaient pas déjà réglées. Comme le dit le dicton : « Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras ». C’est entre autres la raison pour laquelle l’équipe et le comité de négociation ont pris la décision majoritaire de recommander aux membres la ratification de l’entente de principe.

Ce que nous dit la tendance à long terme

Si l’on regarde dans une perspective historique la progression salariale dans le secteur public tous niveaux confondus, on note une tendance nette à la contraction générale de la rémunération. Ceci est attribuable à la perte de puissance du mouvement syndical et à la réalité que l’employeur public étant aussi le législateur, il peut voter des lois de retour au travail et imposer des règlements salariaux. On a vu beaucoup cette tendance se dessiner dans la fonction publique provinciale au Québec, en Ontario, Nouvelle-Écosse et en Colombie-Britannique par exemple.

Or à cette ronde de négociation, quand il a été le temps de justifier pourquoi l’employeur ne nous offrait pas de meilleures augmentations, le Conseil du Trésor a insisté pour comparer notre rémunération avec celle de nos collègues provinciaux plutôt qu’avec le secteur privé syndiqué. Il est important de noter que quand vient le temps de fixer LEUR propre rémunération, les parlementaires, eux, se basent sur la moyenne des augmentations accordées aux plus grandes entreprises privées syndiquées au Canada.

Afin de contrer cette tendance historique faisant en sorte que nos salaires prennent du retard face à l’inflation depuis quelques décennies déjà, les membres de l’ACEP et de l’ensemble des syndicats de la fonction publique fédérale devront se poser  la question à savoir si d’opter pour la voie sécuritaire de l’arbitrage exécutoire est la bonne solution.

En effet, bien qu’il arrive que l’arbitrage puisse être une méthode efficace pour certaines situations où un besoin de rattrapage salarial important peut être démontré à un arbitre (comme ce fut le cas pour les EC à la ronde précédente alors que nous obtenions un échelon supplémentaire de 3,45%), l’arbitrage n’est jamais le moyen de règlement à préconiser si un groupe veut faire des percées spécifiques. Par exemple, si nous avions opté pour la conciliation exécutoire à cette ronde, il n’est pas dit que notre important gain relativement à l’intégrité professionnelle aurait pu être fait, étant donné que seulement quelques tables, représentant moins de 10 000 fonctionnaires, avaient réussi à l’obtenir dans une entente de principe.

C’est entre autres dans ce contexte que bien que l’on puisse admettre que personne n’aime la perspective de déclencher la grève, il est important pour tous les syndicats, même ceux représentant les professionnels comme l’ACEP, de se doter des moyens de pouvoir se battre pour améliorer leurs conditions de travail.

Les TR ont fait la grève générale pendant deux semaines dans les années 1970 pour obtenir le congé de maternité. Les FS ont fait la grève de façon ciblée pendant près de six mois en 2013 (le plus long conflit de travail de l’histoire au fédéral!) et ont réussi à faire des gains substantiels dans la foulée.

Bien des éléments de réflexion en prévision de la prochaine ronde de négociations pour laquelle nous enverrons dès cet automne, un nouvel appel de volontaires!